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Samedi 15 novembre 2008

« Istanbul carnets » est une bande dessinée sous forme de carnet de voyage de Dupuy-Berberian parue en mars 2007 chez Cornélius dans la collection Blaise (neuvième album de cette collection) qui contient 80 pages et coûte 19,00 € (ISBN 2-915492-29-3). Sur le site des auteurs, des informations sur ce carnet et sur un documentaire réalisé à l'occasion d'une exposition à Istanbul (affiche ci-dessous).


Charles Berberian part avec Philippe Dupuy en Turquie sur les traces de Archavir Berberian et son épouse Madeleine Wagner qui ont fui ce pays en 1921 pour s'installer au Liban. Le studio de photographie inscrit sur un vieux cliché de ses grands-parents ayant été remplacé par une banque, Berberian décide : « Tant pis, je continue ma balade et j'imagine à présent que je marche pour eux, là où ils sont nés et là où ils ont grandi, pour qu'ils sachent comment c'est aujourd'hui. Pour qu'ils se disent qu'ils ont enfin pu revenir à Constantinople ». Ce discours m'avait saisi et je voulais absolument parler de cette bande dessinée mais lorsque je l'ai lue, je n'étais pas chez moi et je n'avais pas pu écrire d'article : je n'aime pas faire de mémoire, je risque d'oublier un détail important, une anecdote, etc. C'est pourquoi je viens de relire cet ouvrage et je peux enfin le chroniquer.


Une chose m'a surpris, c'est la couleur rose ! Utilisée par exemple pour Toulouse, qui est surnommée la ville rose, j'aurais compris, mais pour Istanbul, je me pose la question, le rose est-il la couleur symbole d'Istanbul ? Mais ce choix est finalement original alors pourquoi pas ?


Les dessins sont donc en noir et blanc, et certains sont sur fond rose, ce qui est très joli comme par exemple les salons de l'hôtel Buyuk Londra, le Palais de Topkapi, Sainte-Sophie ou Kadikoy.

Istanbul, c'est des rues, des immeubles, des commerces, des gens, des jardins, un port, et on apprend des choses sur les ruines de Beyoğlu (quartier abandonné en 1972 par les Grecs expulsés), le fez (interdit en 1924), la façon turque d'aborder le génocide arménien, le tanburi ou saz et le kemençé (instruments de musique), le comportement des Turcs et des étrangers à Istanbul, les enfants vendeurs de mouchoirs...


Les restaurants et les bars ont l'air d'avoir beaucoup d'importance, ainsi que les boutiques d'instruments de musique et la musique elle-même (voir les explications sur Cemil Bey, joueur de tanburi et de kemençé). Par contre, il y a peu d'animaux, quelques oiseaux, un chat...


Détail important : les auteurs qui parlent de leur « rencontre avec l'équipe de la revue Leman, l'équivalent local de Charlie Hebdo : nous buvons un verre en compagnie de Ramize Erer, Tuncay Akgun et Mehmet Çagçag » (j'ai noté les noms pour m'en rappeler car je ne savais pas qu'il existait une bande dessinée turque, enfin je l'ai appris au printemps 2007 en lisant ce carnet et la Turquie était invitée au Salon du Livre de Francfort à l'automne 2008 ce qui a permis à des dessinateurs turcs de se faire connaître).


Et puis à la fin, il y a quelques anecdotes croustillantes comme l'incident diplomatique ou les usages, des petites choses drôles qui font qu'on a envie d'en savoir plus alors à quand l'arrivée de la bande dessinée turque ?

par Bédédazi publié dans : Turquie communauté : Bédés d'Asie
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Mercredi 12 novembre 2008

Après avoir chroniqué le tome 1 « Comment je ne me suis pas fait enlevé en Afghanistan », j'avais hâte de lire le tome 2 de « Kaboul disco » de Nicolas Wild intitulé « Comment je ne suis pas devenu opiomane en Afghanistan ». Nicolas, merci d'avoir prévenu de la sortie de ce tome 2 !


Il est sorti avec un peu de retard, en octobre 2008, à La boîte à bulles dans la collection Contre Coeur (ISBN 2-84953-054-2) mais comme il a plus de pages que le premier (175) et qu'il coûte moins cher (16,00 €), on ne râle pas trop, d'accord ?


Après une page de « résumé incompréhensible du tome 1 » où « si vous n'avez rien compris, achetez et lisez le tome 1 », le lecteur retrouve Nicolas Wild à l'été 2005 en vacances à Strasbourg dans son Alsace natale puis de retour en Afghanistan.


Avec beaucoup d'humour et de nombreux gags disséminés ici et là, Nicolas Wild continue de raconter le quotidien pas toujours facile dans un pays occupé par une force militaire étrangère et où le danger intégriste rôde, ses problèmes existentiels (un peu à la Delisle, Trondheim ou Larcenet) et ses rêves surréalistes (comme la baleine ou le barrage). Il y a aussi plus de détails sur l'histoire de l'Afghanistan (comme si l'auteur était moins tourné sur lui-même et son travail mais s'intéressait plus au pays dans lequel il vit) avec la constitution afghane ou l'émouvant témoignage de Haroun.


Troisième partie, « La guerre contre l'opium n'aura pas lieu », dans laquelle Nicolas explique avec son humour et ses doutes habituels les projets que Zendagui Média met en place pour lutter  (avec peu d'efficacité, à vrai dire) contre l'opium. Mais il y a les nouveaux collègues (c'est une équipe vraiment cosmopolite), le départ de Tristan Bougon et la concurrence de Baïkal Consulting...


Quatrième partie, « Kaboul brûle-t-il ? », mai 2006, l'affaire des caricatures (Nicolas ne porte pas de jugement), le soulèvement d'une partie de la population (qui détruit et vole tout ce qui est possible), le regain d'activité des talibans. Malgré le drame (attaque, évacuation, casse), Nicolas garde son humour et en fait un événement rocambolesque, genre course poursuite de film américain, qui heureusement pour tout le monde se termine bien. Et il n'oublie pas de rendre hommage aux voisins Afghans qui ont risqué leur vie pour les aider.


Le lecteur quitte Nicolas en juin 2006 à son pot d'adieu, à suivre donc...


À la fin de l'album, 11 pages de bonus avec les visuels de communication pour la lutte contre l'opium et les photos personnelles de l'auteur ou de l'équipe.


Un deuxième album toujours aussi drôle mais plus dense et plus intéressant au niveau historique, politique et social (femmes, enfants, handicapés) pour le lecteur qui voudra comprendre mieux l'Afghanistan.


Nicolas travaille sur un livre sur l'Iran et sur la suite de « Kaboul disco », plus d'informations sur son blog From Kabul with blog.

par Bédédazi publié dans : Afghanistan communauté : Bédés d'Asie
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Dimanche 9 novembre 2008

« L'étoile rouge » 闪闪的红星 孩子的天空 (connu aussi sous le titre international de « Sparkling red star ») est un long métrage d'animation chinois de 82 minutes réalisé en 2007 par Dante Lam Chiu Yin et Puzzle Animation Studio Limited (basé à Shenzen) d'après le roman de Li Xintian (livre culte de la littérature communiste). Le DVD avec le film en mandarin et des sous-titres en français est sorti en octobre 2008 chez Opening.


Attention spoiler ! Mon résumé dévoile tout ou partie du film donc abstenez-vous si vous ne voulez pas avoir votre plaisir gâché...

L'action se déroule en 1937 à Liuxi, un petit village du Jiangxi. C'est beau, c'est verdoyant, les enfants jouent, rient et grimpent aux arbres mais la vie n'est pas si idyllique.

Nos jeunes héros, Pan Dongzi et ses copains, apprennent qu'il y a un temps pour le jeu et un temps pour le travail car la vie à la campagne nécessite du travail, pour les adultes, pour les animaux et pour les enfants qui doivent faire preuve de bonne volonté et montrer de la piété filiale.

De plus, le préfet Hu Hansan abuse de son pouvoir et s'acharne sur les villageois, qui encouragés par Xingy Poon, le père de Dongzi, cachent du riz pour aider les vaillants soldats de l'armée révolutionnaire. Avec les soldats arrive les soins et l'éducation des enfants. Bien sûr le maître ne peut être que « civilisé et très vieux » ! Effectivement, il l'est mais il fait la classe aux plus grands et c'est Xiao-lan, sa petite fille de 9 ans qui va enseigner aux garnements de son âge. Dongzi va d'ailleurs vivre son premier émoi amoureux lorsqu'il rencontre Xiao-lan et qu'elle lui prête sa toupie.

Pour garder le spectateur en haleine, des événements surviennent dans la vie de Dongzi : il sauve un petit chien de la noyade et l'appelle Musclor, il observe le ciel pendant la sieste et voit un oiseau de tonnerre (un avion) pour la première fois.

Mais l'armée rouge est en marche et Xingy doit partir... Il donne à son fils une étoile rouge et prend les sandales que son épouse bien-aimée, Li-hua, lui donne. Les villageois-soldats partis, les enfants doivent s'occuper utilement pour le bien de la communauté et un travail leur est assigné : réparer le pont, ce qui met en valeur la compétition, l'esprit d'équipe, car aller dans la même direction c'est s'assurer la victoire.

Une nuit pour aider les soldats, Dongzi vole le télégraphe de Hu Hansan et met en danger tout le monde. Sa mère, Li-hua, meurt d'ailleurs en héroïne (au même moment la lanière de la sandale de Xingy se casse). Si avec ça vous n'avez pas compris la notion de sacrifice... Après quelques pleurs et péripéties, le méchant périt « dans le fruit de son vol » puis le printemps revient, de très belles fleurs (rouges) poussent, Dongzi procède au rituel des ancêtres et Xingy est de retour avec l'armée victorieuse. Le père dépose alors l'étoile rouge sur la casquette du fiston courageux (et prêt à devenir un bon petit soldat).


À n'en pas douter, c'est un film de propagande pour l'armée rouge et d'endoctrinement pour inciter la jeunesse chinoise à servir son pays. À voir donc comme une curiosité, tout de même joliment réalisée et pour comprendre comment fonctionne la propagande sous le régime communiste.


Plus d'informations et la bande annonce sur le site officiel du film (en chinois et en anglais).

par Bédédazi publié dans : Sur la Chine communauté : Tout sur la Chine
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Jeudi 6 novembre 2008

Tous les deux ans, en novembre, Paris devient la capitale mondiale de la photographie avec le Salon de la Photo. Cette année, place à « la photographie européenne entre tradition et mutations » mais d'autres événements ont lieu en parallèle comme Paris Photo du 13 au 16 novembre au Carrousel du Louvre où le Japon est à l'honneur avec 14 galeries soit plus de 130 artistes, classiques, modernes ou contemporains.


Bien sûr, plusieurs revues relayent l'information, en particulier celles spécialisées dans la photographie ou l'Art. J'ai eu l'occasion de lire Polka et Images.


Polka (site officiel) est la revue du photojournalisme, 108 pages pour ce nouveau trimestriel qui coûte 5,00 € ce qui est plus que raisonnable au vu de la qualité des photos et des articles. C'est dans le n° 3 de novembre 2008 à janvier 2009 que vous pourrez lire le « Spécial Japon : regards sur une jeunesse nippone ».

Pages 52 à 55 « Geisha, femme de porcelaine » et pages 56 & 57 « À l'école du 'je' » de Ethan Levitas, un photographe américain qui passe sa vie entre New York et le Japon.

Pages 58 à 61 « Manga lolita » de Yoshinaga Masayuki, un photographe japonais qui « aime photographier les marginaux, ceux qui essayent de s'exprimer dans la société japonaise d'aujourd'hui ».

Pages 62 à 69 « L'enfance des sumos » de Steven Achiam, photographe danois d'origine chinoise, auteur du livre « Sumo ».

D'autres photos sur l'Asie comme celles de Joakim Eskildsen sur les Roms au Rajasthan (Inde) et celles de Reza (Français d'origine iranienne) sur la frontière pakistano-afghane.


Images est un magazine spécialisé dans la photographie édité par Le Monde du Regard. Ce beau mensuel de 146 pages mérite bien ses 6,00 €. C'est dans le n° 31 de novembre 2008 (pages 53 à 79) que vous partirez « À la découverte de la photographie japonaise » avec 17 photographes. Ma photo préférée parmi cette sélection est l'extraordinaire Karasu de Fukase Masahisa (1976).

Dans ce numéro, d'autres artistes asiatiques comme la Coréenne Kim Mi-hyun et la Japonaise Kitaura Namiko qui vivent à Paris, les Israéliens Didier Ben Loulou (pour son livre Jérusalem) et Shai Kremer, premier lauréat du Photo Folio Review d'Arles (pour son livre Infected Landscape).

par Bédédazi publié dans : Sur le Japon communauté : Tout sur le Japon
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Mercredi 5 novembre 2008

Hibino Katsuhiko 日比野克彦 naît le 31 août 1958 à Gifu 岐阜.


Il échoue deux fois au concours d'entrée de la Tama Art University 多摩美術大学 et étudie le design à l'Université des Arts de Tôkyô 東京藝術大学 d'où il sort diplômé en 1984.


Professeur, artiste et designer, il a reçu de nombreux prix et voyage pour des expositions ou des exhibitions (Sydney en 1986, Venise en 1995 par exemple).





En 1993, Shôgakukan 株式会社小学館 publie « A collection of Katsuhiko Hibino's Arts work » 日比野克彦作品集.


En 2005, suite à une exposition mondiale paraît le livre « Yesterday today tomorrow » avec des photographies de Takeuchi Yuji 竹内裕二.


En 2008, Hibino-san expose au Musée des Arts du XXIè siècle à Kanazawa 金沢市.


Plus d'informations sur Café Hibino son site officiel.

par Bédédazi publié dans : Auteurs japonais communauté : Tout sur le Japon
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